Santé mentale au travail : les salariés perdent confiance

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Les enquêtes internes sur la santé mentale au travail peinent à convaincre les salariés. Une étude de Santé du Dirigeant révèle que 59 % d’entre eux doutent de pouvoir répondre sincèrement, tandis que les actions concrètes restent rares.

Les entreprises interrogent leurs équipes sur le stress, la surcharge ou les risques psychosociaux. Mais que deviennent les réponses recueillies ? Santé du Dirigeant a posé la question à 2 402 salariés et 1 001 professionnels des organisations. Cette enquête, réalisée du 3 au 13 octobre 2026, révèle une défiance persistante. Elle pointe également le manque de temps et de formation des personnes chargées de prévenir ces risques.

Santé mentale au travail : des enquêtes qui inspirent peu confiance

Près de six salariés sur dix (59 %) ne se sentent pas suffisamment libres de répondre sincèrement aux enquêtes internes. Parmi eux, 9 % craignent que leur identité puisse être retrouvée à travers leurs réponses.

Les responsables interrogés perçoivent également cette difficulté. Ainsi, 48 % estiment que les salariés minimisent parfois leurs problèmes, exagèrent certaines situations ou ne répondent qu’en partie sincèrement. Mais la méfiance concerne aussi les suites données aux questionnaires. Seuls 8 % des salariés constatent rapidement des mesures concrètes après le signalement de problèmes de stress ou de surcharge.

À l’inverse, 25 % évoquent principalement des opérations de communication. Pour 17 %, les résultats sont présentés, puis le sujet disparaît des discussions. Une proportion identique affirme n’avoir jamais observé d’action concrète.

Les décideurs manquent de temps pour agir

L’enquête révèle une autre difficulté : 49 % des décideurs consacrent au maximum deux heures mensuelles à la santé mentale au travail. Un quart des répondants (26 %) y réservent moins d’une heure, voire aucun temps. À l’autre extrémité, seuls 15 % dépassent cinq heures par mois.

Santé mentale au travail : les salariés perdent confiance

Cette disponibilité limitée complique le suivi des situations individuelles et la mise en place de mesures collectives. Pourtant, l’article L4121-1 du Code du travail impose aux employeurs de protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Noémie Guerrin, fondatrice de Santé du Dirigeant, estime que les équipes RH et les managers doivent pouvoir agir sur la charge de travail, l’organisation et les pratiques managériales.

Une formation insuffisante face à la détresse psychologique

Le manque de compétences constitue également un obstacle. 68 % des décideurs ne se jugent pas suffisamment formés ou équipés pour gérer une situation de détresse psychologique ou d’épuisement professionnel. Parmi eux, 26 % sauraient reconnaître les difficultés d’un salarié sans savoir comment intervenir. Seulement 8 % se déclarent pleinement préparés.

Interrogés sur les freins à la prévention, les décideurs citent d’abord la formation (31 %), puis le temps (26 %) et la transformation des enquêtes en actions (23 %).

Les attentes des salariés portent aussi sur leurs conditions quotidiennes. Après la rémunération (51 %) et l’équilibre personnel (39 %), 30 % privilégient une charge de travail raisonnable et 28 % davantage de reconnaissance.

Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.

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