Nous nous servons le plus souvent et d’une façon indifférente des termes tutorat et mentorat lorsque nous évoquons une situation où quelqu’un s’occupe d’une autre personne. Mais quelle est précisément la différence ?
Tutorat ou mentorat ? Un flou sémantique qui mérite un éclaircissement, étant donné qu’il est susceptible d’empêcher les acteurs de bien cerner avec exactitude ce que l’on attend d’eux. Par ailleurs, la qualité de l’accompagnement peut en pâtir.
Tutorat ou mentorat : en quoi se distinguent ces formes d’accompagnement ?
Dans l’objectif de mettre en place l’accompagnement adéquat, les interrogations portent souvent sur le transfert d’expertise, l’intégration de nouveaux collaborateurs, ou bien l’intégration des jeunes. Il ne s’agit plus d’être pour ou contre un accompagnement. Il est plutôt question de modalités autour desquelles centrer les expériences. A savoir, le mentorat ou le tutorat.
Le tutorat : qu’est-ce que c’est ?
Dans le sens étymologique, un tuteur ou « tutatorem » en latin, a la charge d’une tutelle. Il doit veiller sur son protégé ou « tutori ». Concrètement, un tuteur est chargé d’accompagner une jeune personne en formation. Le plus souvent, cet accompagnement a lieu dans le cadre d’un contrat de professionnalisation.
Sa mission ne consiste pas seulement à transmettre son savoir, ainsi que sa technique professionnelle. Elle consiste aussi à évaluer le tutoré ou le jeune formé. Un troisième axe est à considérer dans une relation de tutoring : le centre de formation qui entretient des relations pédagogiques avec le tuteur au cours de la formation.
En général, et dans le cadre d’une entreprise, le tuteur est un salarié ayant pour rôle d’inculquer des savoirs professionnels à hauteur d’une évolution déterminée. Cette personne sert de référence à celui qui apprend. Le tutorat regroupe l’ensemble des activités, qu’on peut également assimiler à une formation, en situation de travail.
L’acquisition de compétences grâce à la formation in situ
Cette définition implique que le tuteur maitrise un corpus de savoirs professionnels afin qu’il puisse le transmettre au formé. Une fiche de poste, un référentiel de certification ou de formation permet par la suite d’évaluer les compétences que l’on vise par le tutorat. Dans certains contextes amenés à évoluer comme ceux qui appellent à se doter de stratégies d’actions, le tuteur tend à se rapprocher de la figure de coach ou du mentor.
Que ce soit dans le cadre d’une professionnalisation, d’une intégration ou d’un contrat d’apprentissage, la durée d’un tutorat est prédéterminée. Le tutorat et le mentorat sont tous les deux des accompagnements ayant pour finalité de rendre l’accompagné apte à trouver seul des solutions aux problèmes rencontrés.
Les différents types de tutorat
Il y a plusieurs types de tutorat. Le mentorat comme le tutorat s’appliquent à différents domaines. Le tutorat de formation se destine aux élèves ou aux étudiants, ainsi qu’aux stagiaires. Le tutorat d’insertion est utile pour des personnes pouvant manquer de qualifications, alternant le travail et la formation.
Visant à intégrer un nouveau travailleur dans son milieu professionnel, le tutorat d’intégration se destine aux nouveaux embauchés ou aux jeunes diplômés. Le tutorat de réintégration consiste à aider une personne à reprendre son travail suite à une maladie ou un accident. Enfin, le tutorat de transition. Cet accompagnement s’adapte au travailleur engagé dans un contrat de transition pour l’aider à obtenir un contrat durable.
Le mentorat
Depuis les années 70, le mentorat d’entreprise est en plein essor du fait des besoins croissants d’accompagnement. Pouvant être pris en exemple et avec lequel on a une certaine affinité, le mentor guide, conseille en se basant sur ses expériences le mentoré. Il garantit la vision de l’entreprise ou du mentoré dans une relation de mentoring.
Contrairement au tutorat ou au coaching, le mentorat d’entreprise se focalise sur l’adoption d’un savoir-être et non l’acquisition des techniques. Le mentorat et le tutorat impliquent des qualités humaines et d’une aptitude à questionner le mentoré d’une façon pertinente, de sorte à le faire prendre conscience des enjeux impliqués par son rôle de dirigeant.
Quel est le rôle d’un mentor dans un mentorat ?
Il incombe au mentor d’établir une relation basée sur la confiance afin que les deux parties s’échangent librement sur leurs idées et leurs visions. Dans une relation non commerciale pour éviter tout conflit d’intérêts, la relation mentor/mentoré n’est ni hiérarchique, ni financière.
De plus, le mentor n’interfère aucunement dans la gestion de l’entreprise. Il doit laisser le libre arbitre au mentoré afin que celui-ci prenne seul ses décisions.
Mentorat : ses domaines d’applications
Le mentorat porte sur trois principaux domaines, dont le plan relationnel, la création et le développement d’entreprise de la personne mentorée. Le mentor agit également sur le développement personnel de l’accompagné. Le mentorat et le tutorat peuvent se pratiquer en interne comme en externe. Étant une relation d’égal à égal, aucune des deux parties ne dirige la relation de mentoring. Toutefois, en externe, un contrat de prestation cadre l’accompagnement et interroge sur la déontologie à laquelle les parties s’en tiennent.
Une relation mentor/mentoré viable n’impose aucun lien de subordination. Par ailleurs, le mentor remplit ses missions sans contrepartie et d’une façon volontaire. Évidemment, il a une obligation de moyens, lors de la transmission des connaissances et techniques professionnelles.
Toutefois, il n’y a aucune obligation de résultat. Lorsqu’il est question de relève nécessitant la formation des jeunes, en vue de remplacer des départs à la retraite des séniors, le recours au mentorat s’avère indispensable.
Cadre légal et financement du tutorat en 2025
Le cadre législatif du tutorat se précise davantage en France. Selon l’Etat, l’objectif est clair : favoriser l’insertion durable.
Ainsi, les entreprises ne sont pas laissées seules face à cet investissement. L’État et les Opérateurs de Compétences (OPCO) maintiennent des dispositifs de soutien robustes à ce sujet.
Premièrement, il y a le soutien de l’aide à l’embauche. Pour les contrats d’apprentissage et de professionnalisation, il s’agit d’une aide unique qui cible les niveaux inférieurs au master. Son montant est fixé à 6 000 € la première année. Et elle est versée automatiquement au bénéficiaire. Sa vocation première est de compenser le temps consacré par le tuteur à sa mission; car le temps, c’est de l’argent.
Deuxièmement, il existe une aide spécifique à l’exercice de la fonction tutorale. C’est un point souvent méconnu des entreprises. Les OPCO financent les coûts liés à l’accompagnement, pour compenser le temps passé par le tuteur auprès du jeune. En 2025, il est plafonné à 230 € par mois et par bénéficiaire. Cependant, ce montant reste variable selon les branches professionnelles. En général, il est versé pour une durée maximale de 6 mois; parfois, jusqu’à douze mois pour des publics spécifiques.
Troisièmement, il y a le financement de la formation des tuteurs. Pour garantir la qualité de la transmission, le tuteur doit être formé. Les frais pédagogiques liés à cette formation sont pris en charge. Le plafond horaire tourne souvent autour de 15 € par heure de formation. Cela inclut aussi bien les coûts pédagogiques que les salaires.
Enfin, notons les conditions strictes qui s’appliquent à l’attribution de ces aides. Le tuteur doit justifier d’une expérience professionnelle solide allant de deux années d’expérience dans le domaine visé. Il doit aussi être volontaire pour cette mission. L’entreprise doit, de son côté, être à jour de ses contributions. Le respect de ces critères est impératif pour sécuriser les financements. Le tutorat en 2025 n’est plus seulement une obligation légale. C’est un levier de performance économique subventionné. L’ignorer serait une erreur de gestion.
FAQ que le tutorat et mentorat
Absolument, c’est même une stratégie gagnante. Ces deux figures ne se marchent pas sur les pieds. Le tuteur vous guide sur le terrain technique au quotidien. Le mentor, lui, vous aide à prendre de la hauteur sur votre carrière. L’un transmet des gestes, l’autre transmet une vision. Avoir les deux permet de progresser deux fois plus vite, sur tous les tableaux.
Pas toujours légalement, mais financièrement indispensable. Si la loi n’impose pas systématiquement un diplôme, les OPCO l’exigent souvent pour débloquer les fonds. Sans formation attestée, vous risquez de perdre l’aide à la fonction tutorale. Au-delà de l’argent, former un tuteur, c’est surtout éviter les échecs d’intégration. C’est un investissement rentabilisé par la fidélisation du collaborateur.
